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n°219 | Mai 2008
  CAHIER | par Bernard Félix Essai sur la beauté

 ÉDITORIAL |    Dépasser la croix


 CAHIER | Essai sur la beauté   Introduction : La beauté

   Essai sur la beauté


 QUESTIONNER |    Mai 68 et le ministère pastoral


 MÉDITER |    J’ai foi en la nuit


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Le culte marial


  SÉRIE : LES PERES DE L'EGLISE |    5. Hilaire de Poitiers


 BILLET |    Mépris ? Ras le bol !


 VIVRE |    La chaise vide


 REPENSER |    Le péché


 DIALOGUER |    Simone de Beauvoir


 COMMENTER |    Quelle théologie pour les Pastorales ?


 RETROUVER |    François de la Noue « Bras de fer » 1531-1591


 RÉSONNER |    À tombeau ouvert


 VISITER |    La synagogue et l’Église chrétienne

 
 
 

  La fiche auteur de Laurent Gagnebin

  Sur le même thème : symbole - Albert Schweitzer

 
Evangile et liberté
 ÉDITORIAL   par Laurent Gagnebin 

Dépasser la croix

 

Devenue le symbole du christianisme, la croix a certes, avec Vendredi saint et Pâques, une fonction inaugurale et capitale pour l’histoire de la foi chrétienne. Et pourtant, c’est le Royaume de Dieu qui est au cœur de l’enseignement de Jésus. En regard de ce règne de Dieu, on ne saurait, comme on le fait trop souvent, parler de Jésus en oubliant sa prédication centrée sur « cherchez d’abord le Royaume de Dieu et de sa justice » (Mt 6,33). C’est une erreur de vouloir toujours tout ramener à la seule personne de Jésus crucifié et ressuscité. Dans l’une de ses lettres, Albert Schweitzer écrit : « Le centre de gravité de la foi chrétienne n’est pas le drame rédempteur de notre dogmatique, mais la venue du Royaume de Dieu en notre cœur et dans le monde. » Oui, ce centre de gravité n’est pas dans le passé, mais dans l’avenir.

Quand le Crucifié déclare « Tout est accompli » (Jn 19,30), nous savons bien, par rapport au Royaume de Dieu, que tout reste à faire. Il ne s’agit pas en effet de regarder exclusivement en arrière, dans une attitude passéiste, passive et doloriste, figés que nous serions devant un crucifix. Notre vie spirituelle et nos théologies ne peuvent se contenter de gérer un acquis. Pentecôte, la fête de l’Esprit, tourne notre regard en avant. Dans un monde en chantier, l’Esprit nous anime et nous porte, nous donne un élan créateur ; il nous mobilise. Nous ne regardons pas derrière nous, mais, tournés vers l’avenir, nous menons un combat pour la justice. Notre foi, notre vie et notre pensée religieuses, habitées par l’Esprit, sont alors soulevées par un dynamisme inventif et créateur, celui de Dieu lui-même.

 

Laurent Gagnebin

 

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