Accueil | Qui sommes nous | le Blog de la rédaction | Traduction S'abonner | Nous soutenir  
RSS A A A
 
 
n°233 | Novembre 2009
  CAHIER | par Vincens Hubac Le christianisme face aux pauvretés

 ÉDITORIAL |    Les protestants de France


 QUESTIONNER |    Comment peut-on croire en Dieu ?


 AGIR |    La Miss’ Pop aujourd’hui


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Fondamentalisme


 SÉRIE : BIZARRERIES THÉOLOGIQUES... |    5. Où est le tout-puissant qui fait des merveilles ?


 BILLET |    Littérature, herméneutique et plage… de lecture


 MÉDITER |    Est-ce que j’existe encore ?


 CAHIER | Le christianisme face aux pauvretés   Introduction, La diaconie : solidaires au nom de Jésus-Christ

   Le christianisme face aux pauvretés


 VIVRE |    Le pauvre barbier


 REPENSER |    Le jugement dernier


 COMMENTER |    Le Seigneur rassemble tous les expulsés dans sa maison


 DÉBATTRE |    Affirmation de soi et lâcher-prise


 RETROUVER |    Charles Secrétan, un philosophe suisse engagé

 
 
 

  La fiche auteur de Jean-Jacques Maison

  Sur le même thème : liberté - laïcité - action sociale

 
Evangile et liberté
 RETROUVER   par Jean-Jacques Maison 

Secrétan (1815-1895)*, philosophe moraliste et théologien suisse, est à l’origine d’un mouvement de réflexion sur la religion. Il s’opposait à la fois à l’autorité dogmatique et au rationalisme libéral.

 

Charles Secrétan, un philosophe suisse engagé

 

Issu d’une famille lausannoise d’avocats et de magistrats, Charles Secrétan, âme tourmentée, fréquente les poètes, et trouve en Alexandre Vinet son directeur spirituel. À Belles-Lettres, puis à Zofingue, sociétés d’étudiants cultivant l’amitié et la politique, il apprend « à sanctifier la vie entière sans la mutiler ». Influencé par le Réveil religieux de son siècle, il oriente sa recherche de la vérité du christianisme historique d’abord vers la philosophie.

 

La philosophie de la liberté (1849)

 

 Marqué par Kant et Schelling, entre autres, il développe dans cet ouvrage, mais à partir de la notion chrétienne de la chute, l’idée d’un Dieu « absolue liberté » qui veut la « restauration » de la créature, la rend libre de retourner à Lui. La liberté est toujours un don de la grâce. Mais « l’être libre du fait de Dieu n’est encore libre qu’à demi. Il faut qu’il accepte cette liberté… »

« Révolutionner contre la liberté par la contrainte et la violence ou réformer librement pour la liberté, il n’y a choix qu’entre ces deux partis. »

 

Un grand moraliste

 

 Dans Le Principe de la morale (1883), il développe les notions du sentiment de l’obligation, du devoir : « … Il y a d’abord le je dois, le devoir vide et pur… Je dois, c’est le je veux, mais avec le frisson du mystère ; c’est le je veux par opposition à je désire ; c’est le je veux de la liberté... » La liberté cependant n’est rien sans la solidarité : « La solidarité règne partout. Nous la subissons dans le mal, nous la poursuivons dans le bien. »

 

Vers la pensée et l’action sociale

 

 Dans Les Études sociales, publiées par Évangile & liberté autour de 1880, Secrétan, connaisseur de soncontemporain Karl Marx, en apprécie les analyses mais en récuse l’athéisme. Il perçoit la menace du collectivisme dans le socialisme naissant : « L’égalité est contre nature, niveler, c’est mutiler, niveler, c’est écraser. » Préoccupé du sort des ouvriers, il redoute la guerre sociale : « La condition de la réforme sociale, c’est la confiance réciproque des classes appelées à réviser leurs accords. »

 

Un précurseur inattendu

 

 En publiant le Droit de la Femme (1886), Secrétan non seulement appuie le mouvement abolitionniste mais encore pose la question des droits et des devoirs civiques, et de la promotion professionnelle de la femme : « Où la femme est restée muette, on n’a jamais entendu la voix de l’humanité. »

 

Un militant de la laïcité ?

 

 À la suite d’Alexandre Vinet, en 1845, Secrétan est partisan de la séparation des Églises et de l’État ; il veut une Église qui « pareille à l’amour dont elle est le produit et l’organe, n’appuie que sur l’éther de la liberté ». Il dit de Rome, de la Réforme et de la philosophie : « ce sont ses vases, s’ils se brisent la vérité qu’ils renferment en sortira. »

 

Pour retrouver Charles Secrétan

 

 La relecture des Discours laïques, 1877, La civilisation et la croyance, 1887, Les Droits de l’Humanité, 1890, Mon utopie, 1892, nous rendraient un homme dont la piété et l’intelligence ont illuminé son époque et donnent un regard prophétique sur la nôtre.*

 

 NOTES :
* Études à Lausanne, Bâle, Munich ; professeur de philosophie à Neuchâtel, puis à Lausanne, fondateur de la Revue suisse, collaborateur du Courrier suisse, de la Gazette de Lausanne, chargé d’un cours libre de Droit naturel à Lausanne, correspondant et conférencier en Suisse et en France.



Jean-Jacques Maison

 

  La fiche auteur de Jean-Jacques Maison

 
Contactez-nous | Les liens   © 2013 Évangile et Liberté