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| ÉDITORIAL |
par
Laurent Gagnebin |
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L'homme révolté :
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l’essai fameux d’Albert Camus a été publié il y a 60 ans. J’ai toujours pensé que ce titre pourrait désigner Jésus, et par conséquent, chacun de ses disciples, hier comme aujourd’hui. Bien entendu, la révolte en question est positive, constructive, créatrice. Toute la vie de Jésus est en effet marquée par une révolte contre ce qui écrase l’Homme et le nie : les puissances du mal, le péché, les souffrances, les maladies et la mort, les injustices personnelles ou sociales, avec un combat pour les déshérités, les victimes de la pauvreté et du mépris. Un combat contre les légalismes, les conformismes, les jugements inhumains. C’est une révolte pour la vie. Dieu lui-même n’est-il pas, avec l’aube d’un matin de Pâques, celui qui lutte à nos côtés pour faire triompher la vie, même à travers la mort ?
La résignation est une attitude diamétralement opposée à la volonté divine, telle que l’expriment les évangiles. « Souffre et meurs sans parler » (La mort du loup), écrit Alfred de Vigny dans un appel plus stoïcien que chrétien. Non, nous ne souffrirons pas et ne mourrons pas sans lutter, sans crier notre révolte et la vivre, et cela avec tant d’athées exemplaires.
Job ou l’homme révolté (1955), tel était le titre d’un petit livre du pasteur Roland de Pury. Job s’oppose aux discours bien pensants, faussement sages, prétendument édifiants et pieux, convenables et convenus de ses amis. Et Dieu lui donnera raison. « Il est des révoltés que Dieu préfère aux gens soumis de ses Églises », écrit alors Roland de Pury. Jésus ou l’Homme révolté, L’Éternel ou le Dieu révolté ! Voici des titres justes, vrais. Il faudrait pouvoir leur ajouter : Le chrétien ou l’Homme révolté.
Laurent Gagnebin
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