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n°245 | Janvier 2011
  CAHIER | par Bernard Reymond Les christianismes gouvernementaux, un phénomène méconu

 ÉDITORIAL |    Dieu serait au-dessus de nous ?


 QUESTIONNER |    Un culte avec des animaux


 AGIR |    Jean-Jacques Gautier, un exemple d’engagement pour un monde sans torture


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Infaillibilité


 SÉRIE: PROVERBES |     1. « Qui aime bien châtie bien »


 BILLET |    Vive les impôts !


 VIVRE |    Un chant d’oiseau


 CAHIER | Les christianismes gouvernementaux, un phénomène méconu   Église et État

   Les christianismes gouvernementaux, un phénomène méconu


 DÉCOUVRIR |    Une nouvelle édition de la TOB… avec six livres de plus


 DÉBATTRE |    « À un ami israélien »


 COMMENTER |    Le jeune homme riche ou la vieille Église en perdition


 RETROUVER |    Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955)


 RÉSONNER |    Philippe de Champaigne et l’ex-voto de 1662 : la grâce seule, la foi seule

 
 
 

  La fiche auteur de Laurent Gagnebin

  Sur le même thème : Infaillibilité - dogme

 
Evangile et liberté
 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS   par Laurent Gagnebin 

Infaillibilité

 

  On pense immédiatement au dogme de l’infaillibilité pontificale promulgué par le pape Pie IX en 1870. Il s’agit d’ailleurs avec ce dogme de redire l’infaillibilité même de l’Église romaine. À travers son histoire et ses évêques, elle ne se tromperait pas. Aucun protestant ne peut penser que l’Église, institution humaine, soit infaillible, encore moins un homme qui la représenterait. Mais ce dogme répond en réalité à un autre, principalement protestant, qui le précède, celui de l’infaillibilité de l’Écriture. C’est à peine si, avec le fondamentalisme et le littéralisme biblique, on ose parler des Écritures tant il s’agit de proclamer l’autorité d’une Bible monolithique et indiscutable jusque dans sa lettre même. Dans les deux cas, on projette, soit dans l’Église soit dans la Bible, une entité abstraite et absolue, celle de l’infaillibilité, confondue avec une révélation divine ; on ignore leur dimension humblement humaine, relative et historique, laquelle ne saurait être à l’abri d’approches rationnelles, donc de lectures scientifiques et critiques.

  Nous ne voulons d’aucune de ces deux infaillibilités appartenant en fait à deux systèmes d’autorité très proches, relevant d’une même soif, celle d’idoles intouchables. N’avons-nous pas besoin d’autorités incontestables pour échapper aux doutes et aux exigences des choix responsables, à la liberté de conscience et au libre examen ? Comme le fini appelle l’infini, le mortel l’immortel, le faillible n’appelle-t-il pas l’infaillible ? C’est peut-être bien en cela que ces dogmes ont quelque chose d’émouvant et profondément humain. Ils trouvent leur source dans notre désir bien compréhensible d’une perfection terrestre qui nous est douloureusement, mais heureusement, refusée ici-bas.

 

Laurent Gagnebin

 

  La fiche auteur de Laurent Gagnebin

 
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