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n°244 | Décembre 2010
  CAHIER | par la rédaction La prière de demande (2)

 ÉDITORIAL |    La lumière caractérise Dieu et Jésus dans la bible


 QUESTIONNER |    La fête de Noël


 AGIR |    Le christianisme social est relancé


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Intégrisme


 SERIE: MON JÉSUS |    11. « L’amour comme une nécessité »


 BILLET |    Le divin et le divan


 MÉDITER |    La nouvelle Jérusalem


 CAHIER | La prière exauce Dieu La prière comme dynamique créatrice   La prière de demande (2)

   La prière exauce Dieu La prière comme dynamique créatrice


 VIVRE |    Transformer et reconstruire : une urgence


 COMMENTER |    La justice de Dieu est au-dessus de la Loi ou la parabole du gérant malhonnête


 DÉBATTRE |    La face maternelle de Dieu ?


 REPENSER |    L’Incarnation


 REGARDER |    Béatitude


 RÉSONNER |    La prière et les mains


 "UNILIB" |    La passion de la rencontre et de l’échange

 
 
 

  La fiche auteur de Jean-Marie de Bourqueney

  Sur le même thème : divin - divan

 
Evangile et liberté
 BILLET   par Jean-Marie de Bourqueney 

Le divin et le divan

 

Récemment, un excellent professeur de théologie fit un lapsus lors d’une conférence. Il voulut dire : « Le christianisme a voulu réconcilier l’humain avec le divin. » Mais il remplaça, subrepticement, le mot « divin » par celui de « divan »… Vaste programme ! Vouloir réconcilier l’humain et le divan… Freud est de retour… En moi-même je me suis dit, tel l’inspecteur Bourrel dans « les cinq dernières minutes » (ah, nostalgie de mon enfance…) : « Bon Dieu ! Mais c’est bien sûr ! » Ce n’est pas un lapsus, c’est une hypothèse intéressante. Non seulement l’idée de se réconcilier avec son inconscient est un chemin de longue haleine, mais sans doute aussi existe-t-il une corrélation entre le divin et le divan…

  Le théologien Karl Barth écrivait que l’être humain est devant un paradoxe : s’il est croyant, il doit parler de Dieu, mais puisqu’il est une créature, il ne peut pas parler de Dieu. Comment résoudre ce paradoxe autrement qu’en puisant, dans notre expérience humaine, des mots, des images pour évoquer le divin. Les auteurs bibliques ne faisaient pas autrement ! Par exemple dans ce véritable livre de sciencefiction qu’est l’Apocalypse, l’auteur puise dans son imaginaire débridé, dans son inconscient, des images fortes pour décrire la réalité de la foi et de l’intime de l’être humain, de ses déchirements et de ses pulsions… Il existe très probablement un lien fort entre notre « divan » et notre « divin ».

  Le risque néanmoins existe de confondre « le » divin et « notre » divan, de croire que nos images « définissent » Dieu alors qu’elles ne font que le raconter. Nos mots restent nos mots, nos images restent nos images. Sinon Dieu devient une projection de nos failles, de nos angoisses, de nos fantasmes. Il est une simple compensation de ma fragilité. Et Marx aura eu raison alors de dire que c’est un « opium », une drogue malsaine qui entretient et nourrit l’avilissement.

  Bon, je retourne chez mon psy… lui parler de théologie !

 

Jean-Marie de Bourqueney

 

  La fiche auteur de Jean-Marie de Bourqueney

 
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