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n°241 | Août-Septembre 2010
  CAHIER | par Vincens Hubac L’imprimerie, l’humanisme et la Réforme

 ÉDITORIAL |    Vive la désobéissance !


 QUESTIONNER |    Les décroissants : qui sont-ils vraiment ?


 AGIR |    Qui va répondre aux réfugiés et aux migrants ?


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Tradition


 SERIE: MON JÉSUS |    8. L’homme tel que Dieu le souhaite


 BILLET |    Abraham, Ulysse et le Bouddha


 MÉDITER |    Avec ou sans ?


 CAHIER | L'imprimerie, l'humanisme et la Réforme   La diffusion des savoirs

   L’imprimerie, l’humanisme et la Réforme


 VIVRE |    Mon premier cercle de silence *


 COMPRENDRE |    La vie est-elle sacrée ?


 RETROUVER |    Le colonel Denfert-Rochereau, lion de Belfort


 REGARDER |    Le Lion de Belfort, doré pour un jour


 COMMENTER |    La liberté d’être esclave


 DÉBATTRE |    La force pour maîtriser la violence


 Journées Evangile et liberté 2010 |    journées 2010 évangile et liberté

 
 
 

  La fiche auteur de Raphaël Picon

  Sur le même thème : Tradition - procès - ancêtres - subjectivisme - démagogie

 
Evangile et liberté
 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS   par Raphaël Picon 

Tradition

 

Le procès intenté, notamment dans Évangile et liberté, à la tradition est connu. On lui reproche de contrarier l’innovation, de figer la pensée, de sacraliser le passé. En religion, le recours à la tradition risque de rendre la foi plus archéologique que prophétique, la théologie plus patrimoniale que créatrice, l’Église plus conservatrice que… libérale. Au recours à la tradition, le protestantisme (ce fut une véritable révolution) préférera le retour humaniste à une Bible à lire et à interpréter pour aujourd’hui. Mais la tradition ne saurait être disqualifiée aussi promptement ! La pensée, tout comme la foi, ne sont jamais des créations ex-nihilo. Elles naissent de ce que les autres nous ont légué. Les sillons de nos propres pensées, toutes créatives qu’elles soient, sont toujours en partie dessinés par les ancêtres que nous nous choisissons. C’est ainsi que la tradition guide, oriente et stimule la pensée ; elle la retient aussi de n’être que subjectivisme, démagogie, et de tout rendre manipulable à sa guise. S’inscrire dans une tradition, c’est aussi accepter d’être né quelque part ; d’appartenir ainsi à une histoire particulière, appréciée dans ses limites même, c’est-à-dire dans sa relativité. Mais c’est peut-être enfin le fait de ressentir au plus profond de soi sa propre faillibilité qui rend heureux ce recours à la tradition. Non parce qu’elle serait, elle, infaillible, mais parce que les propres incompétences et balbutiements de notre aujourd’hui, font crédit aux pensées d’hier comme autant de réserves de sens, d’images et de mots pour féconder les nôtres. Ni plus, ni moins.

 

Raphaël Picon

 

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