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| ÉDITORIAL |
par
Laurent Gagnebin |
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Vive la désobéissance !
Pourtant toute notre éducation familiale et scolaire nous enseigne le contraire ! Nous apprenons ainsi, à travers un long apprentissage souvent douloureux, à dire toujours oui. Mais il est tout aussi nécessaire d’apprendre à dire non. L’enseignement du oui est si pesant et prégnant dans notre vie que savoir dire non en devient culpabilisant, voire impossible. On peut se demander sérieusement si le protestantisme n’est pas, à bien des égards, dans le cadre religieux principalement mais non pas exclusivement, une école de la désobéissance. Avec lui, il ne s’agit pas de dire « oui et… amen ». De Luther à Martin Luther King, de Marie Durand gravant son fameux « résister » à Albert Schweitzer ramant si souvent à contre-courant, l’esprit protestant, et plus encore celui d’un protestantisme libéral, est bien celui de résistants et d’une désobéissance spirituelle et individuelle. Refuser la contrainte religieuse est un geste typiquement protestant. Quand nous contestons, au nom de la liberté de conscience, le cléricalisme et les infaillibilités, c’est bien le droit à une insoumission, à une révolte, voire à une insurrection, que nous défendons. Le protestantisme est incompréhensible, aussi bien dans son histoire que dans son essence, sans cette vertu de la désobéissance et du nonconformisme. « Penser et croire en toute liberté », tel est le slogan d’ Évangile et liberté. Refuser le doctrinarisme et le dogmatisme autoritaires, c’est savoir dire non. Aucune institution, ecclésiale ou non, ne peut, au nom d’une orthodoxie établie, nous interdire un acte de désobéissance. Ne sommes-nous pas, par fidélité à un Évangile de liberté, des objecteurs de conscience en puissance ?
Laurent Gagnebin
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