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n°240 | Juin-Juillet 2010
  CAHIER | par Bernard d'Espagnat Aux yeux du physicien, le monde est-il intelligible ?

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 SERIE: MON JÉSUS |    7. Il donne de la chair à l’affirmation divine


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 CAHIER | Le monde est-il intelligible ?   La physique contre les évidences

   Aux yeux du physicien, le monde est-il intelligible ?


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 BILLET |    Si Dieu existe, pourquoi le mal ?

 
 
 

  La fiche auteur de Bernard Guiéry

  Sur le même thème : chair - l’affirmation divine

 
Evangile et liberté
 SERIE: MON JÉSUS   par Bernard Guiéry 

Jésus, prière de Dieu lancée vers l’homme, et prière de l’homme lancée vers Dieu.

 

7. Il donne de la chair à l’affirmation divine

 

Comment peut-on dire « Mon Jésus » ? Il est insaisissable. Il traverse les frontières. Il n’appartient à personne. Il n’est pas à la disposition d’une institution ou d’une Église quelconque. Il nous échappe. Mais il laisse des traces indélébiles dans la mémoire des hommes. Il ne cesse de nous faire signe. Inlassablement il fait comprendre que Dieu aime, accueille, sauve, redresse, réconforte et renouvelle. L’être humain qui se tourne vers lui a directement accès au Dieu vivant sans passer par les sacrifices, les rites et les dogmes.

  Il vit dans le retrait et la discrétion au point qu’on ne sait pas sur quel pied danser. Il est guérisseur parmi les guérisseurs, prophète parmi les prophètes, annonciateur parmi les annonciateurs. Il nous fait signe. Il nous donne la main.

  Et voilà que nous nous enlisons dans l’équivoque. Nous restons indécis, voire interdits. Pourtant il est le seul à donner de la chair, du corps et de la chaleur humaine à l’affirmation divine.

  La tradition ose des déclarations abruptes : « Je suis le chemin, la vérité, la vie, la résurrection, la nourriture… » Cette prétention déclarative contraste avec des oeuvres indécidables.

  Vivre sur les traces de Jésus de Nazareth, c’est surmonter l’inconnaissance divine. Sur ce chemin, je pressens que ce Juif obscur est en fait la bénédiction suprême de l’homme.
  Cette intuition ne saurait s’imposer. Mais j’aimerais dire que cette bénédiction prend la forme décisive d’un être concret, singulier, historique et vulnérable.

  En tout ce qu’il dit et fait ou ce qu’on lui fait dire et faire – peu importe au fond – il est une prière de Dieu lancée vers l’homme, et, en même temps, une prière de l’homme lancée vers le Dieu des lumières.

  Ô Jésus, maître et merveilleux compagnon, en ces nuits et ces jours que nous traversons.

 

Bernard Guiéry

 

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