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| CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |
par
Laurent Gagnebin |
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Morale
Voici un mot qui a mauvaise réputation, principalement à cause du discours culpabilisant des Églises. Cela est si vrai qu’on le remplace par celui d’éthique qui passe mieux. On dénonce alors des catéchismes « moralisateurs ». Les clercs sont vus comme des personnes qui interdisent, jugent, condamnent. Ils disent non avant de dire oui : non aux moyens anticonceptionnels, au préservatif, à l’avortement, à l’homosexualité… On remarquera que ces impératifs négatifs sont le plus souvent d’ordre sexuel, la morale ecclésiale étant en effet obnubilée par le sexe assimilé à quelque chose de sale, voire maléfique. Le positif est cantonné dans un univers spirituel et éthéré, tout ce qui touche au matériel, au physique, au corporel, étant dévalorisé et méprisé. Le célibat est exalté comme un modèle supérieur.
La prédication est contaminée par cette perception moralisatrice, et l’on sait bien ce que signifie pour beaucoup le mot de sermon que l’on n’ose même plus utiliser. Les Églises ne sont-elles pas obsédées par les péchés, estiment la majorité de ceux qui les ont quittées depuis longtemps, entre autres pour cette raison-là ?
Pourtant, la morale, bien comprise, est une réalité décisive, quotidienne et de la plus haute importance, qui marque notre existence tout entière. La crise financière que vivent nos sociétés est, par exemple et à cause des subprimes, d’ordre moral d’abord. L’économie, le commerce, l’argent, l’univers social, politique, écologique ont, pour le meilleur et pour le pire, une dimension morale, noblement morale, aimerait-on écrire.
Il faut réhabiliter la morale et les valeurs qu’elle implique, et cela d’autant plus que l’amour du prochain exprime une part fondamentale de l’essence du christianisme.
Laurent Gagnebin
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