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n°239 | Mai 2010
  CAHIER | par Daniel Galland Luc, un évangile « féministe »

 ÉDITORIAL |    Le fanatisme religieux


 QUESTIONNER |    La mystique, phénomène central ou marginal ?


 REDÉCOUVRIR |    Ferdinand Buisson (1841-1932)


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Devoir


 SERIE: MON JÉSUS |    6. Jésus n’est pas Jésus-Christ, Dieu merci !


 BILLET |    Éloge de la trahison


 MÉDITER |    Confession de foi


 CAHIER | Luc, un évangile "féministe"   Les femmes dans la société et dans les Églises occidentales

   Luc, un évangile « féministe »


 RETROUVER |    Les fibres protestantes d’Henri IV


 REPENSER |    Le Dessein Intelligent,une machine infernale


 ACCOMPAGNER |    Guérir, soulager, consoler


 COMMENTER |    Jésus guérit un sourd-muet


 REGARDER |    Le Sacre du Printemps


 RÉSONNER |    White Material

 
 
 

  La fiche auteur de Jean-Marie de Bourqueney

  Sur le même thème : trahison - Éloge - morale

 
Evangile et liberté
 BILLET   par Jean-Marie de Bourqueney 

Éloge de la trahison

 

Peut-on vivre sans trahir ? La bonne morale a définitivement rangé la traîtrise du mauvais côté, celui des actes condamnables. Pire, elle l’a associée à une forme de lâcheté ou d’arrivisme exacerbé. Il est vrai que la politique nous révèle son cortège d’hommes-girouettes, naviguant au gré de leurs ambitions personnelles de pouvoir. L’autre jour, je discutais avec mes enfants du film (du « phénomène ») que nous venions de voir : Avatar. Le héros, un G.I., finit par trahir les « siens » (les humains) pour sauver son « nouveau peuple » où il rencontre l’amour. Scénario simpliste ? Peut-être, mais qui pose une question juste : peut-on, et parfois doit-on, trahir ? L’un de mes fils, qui pourtant admirait ce héros, était quand même étonné de cette « trahison »… Ce qui est curieux c’est que tout le monde s’accorde pour dire que la traîtrise est une chose mauvaise, et que tout le monde admire les héros, imaginaires ou même réels, qui, pour une noble cause, trahissent « les leurs »… Qui oserait condamner moralement les officiers allemands qui tentèrent de tuer Adolf Hitler ? Contradiction de nos valeurs ?

  La morale n’est pas toujours celle d’un Bien ou d’un Mal, cernables, définissables, identifiables, conceptualisables. Les valeurs ne sont pas figées. Dans le livre de l’Exode, le verbe hébreu « loun » signifie « murmurer », avec une forte connotation de « protester ». Mais il signifie aussi « demeurer », « s’arrêter ». Autrement dit, dès que le mouvement s’arrête, je râle, je proteste… et je meurs… Le mot même « Hébreux » signifie « ceux qui ont traversé »… L’identité, personnelle ou « nationale », est un mouvement !

  La morale a deux moteurs : la liberté et la responsabilité. On ne peut les dissocier. La traîtrise peut parfois être une conséquence de cette liberté et de cette responsabilité. Devant l’inacceptable, dois-je rester enfermé dans ma « condition », mes « origines », mon « milieu »,… ? Ne puis-je pas, au contraire, « transgresser » ces frontières ? Transgresser, c’est déjà un peu trahir…

 

Jean-Marie de Bourqueney

 

  La fiche auteur de Jean-Marie de Bourqueney

 
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