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n°239 | Mai 2010
  CAHIER | par Daniel Galland Luc, un évangile « féministe »

 ÉDITORIAL |    Le fanatisme religieux


 QUESTIONNER |    La mystique, phénomène central ou marginal ?


 REDÉCOUVRIR |    Ferdinand Buisson (1841-1932)


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Devoir


 SERIE: MON JÉSUS |    6. Jésus n’est pas Jésus-Christ, Dieu merci !


 BILLET |    Éloge de la trahison


 MÉDITER |    Confession de foi


 CAHIER | Luc, un évangile "féministe"   Les femmes dans la société et dans les Églises occidentales

   Luc, un évangile « féministe »


 RETROUVER |    Les fibres protestantes d’Henri IV


 REPENSER |    Le Dessein Intelligent,une machine infernale


 ACCOMPAGNER |    Guérir, soulager, consoler


 COMMENTER |    Jésus guérit un sourd-muet


 REGARDER |    Le Sacre du Printemps


 RÉSONNER |    White Material

 
 
 

  La fiche auteur de Jean-Marie Kohler

  Sur le même thème : Devoir - ailes - ténèbres - Compagnon

 
Evangile et liberté
 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS   par Jean-Marie Kohler 

Devoir

 

Accusé de couper les ailes à la liberté et d’étouffer la vie, le devoir a mauvaise presse. On prête à l’homme de devoir une rigidité qui attriste quand on ne l’accuse pas d’être hypocrite. La vie, mue par le désir, surgit d’une source située en amont du devoir. Grâce inaugurale, création permanente, elle enfante la liberté. Mais ne pouvant s’épanouir que dans la relation à autrui, elle exige d’être portée par l’éthique comme l’enfant a besoin d’être fermement guidé pour grandir. Dans le bonheur comme au coeur des ténèbres, le devoir veille sans désemparer sur notre fragile humanité, discret garde-fou qu’il serait présomptueux de mépriser.
  Quand il arrive que le désir tarisse, que tout vire au flou et se mette à vaciller, quand les appuis habituels se dérobent et que le sens de l’existence s’évanouit, seul le devoir permet de rester debout. Face à la tentation du néant, il témoigne à sa pauvre façon de cette vie qui nous vient d’ailleurs et que nous avons vocation à transmettre, invitant l’homme à accomplir humblement les gestes élémentaires et ces sortes de prières premières qui permettent à la vie de continuer malgré tout.

  Compagnon des bons et des mauvais jours, le devoir porte l’homme, le protège de la dislocation dans la tourmente, le garde fidèle à lui-même, à autrui, au monde et à la transcendance que d’aucuns nomment Dieu. Il incarne non seulement la foi en cette part de l’être qui nous constitue, mais notre foi en l’être infini qui anime tous les humains et qui fonde l’univers. Résonnant au diapason de l’ordre qui tient le monde, le devoir tisse la confiance et peut dispenser la joie de vivre jusque dans les pires épreuves.

 

Jean-Marie Kohler

 

  La fiche auteur de Jean-Marie Kohler

 
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