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n°238 | Avril 2010
  CAHIER | par Liliane Crété Le puritanisme : John Cotton et la théologie de l’Alliance

 ÉDITORIAL |    Pâques


 QUESTIONNER |    Saint Anselme était-il libéral ?


 AGIR |    Des rencontres à DOM’Asile


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Images


 SERIE: MON JÉSUS |    5. La clé de tous les problèmes


 BILLET |    L’identité et la déprime


 MÉDITER |    Faut-il se résigner ?


 CAHIER | Le puritanisme   L’influence du puritanisme sur les États-Unis d’Amérique

   Le puritanisme : John Cotton et la théologie de l’Alliance


 PARTICIPER |    L’étoffe des hérauts


 REPENSER |    Dieu raconté à un ami


 DÉBATTRE |    La bombe ou la vie ?


 COMMENTER |    Lorsque Paul renonce à parler de la résurrection des morts


 RETROUVER |    Auguste Sabatier (1839-1901)


 RÉSONNER |    Du « Guernica » au Golgotha

 
 
 

  La fiche auteur de Raphaël Picon

  Sur le même thème : Pâques - Monde de rosée - beauté - Kobayashi

 
Evangile et liberté
 ÉDITORIAL   par Raphaël Picon 

Pâques

 

Pâques. « Monde de rosée, c’est un monde de rosée, cependant ». Kobayashi Issa (1763-1827), le poète japonais et grand maître de Haïku, dit l’évidence du temps qui passe et auquel plus rien ne résiste, où tout se perd, s’éteint et s’oublie. En trois mots, Issa exprime l’évanescence d’un monde réduit à n’être plus qu’une goutte de rosée et qui déjà n’est plus. Mais il laisse surtout entendre la beauté confuse d’un monde qui, tout en ne cessant de se défaire et de mourir à lui-même, s’ouvre sur un… « cependant ». À nos désillusions les plus profondes, à nos paradis à jamais perdus, à nos rêves morts et oubliés, le poète oppose ce dernier mot, « cependant ». Un mot d’avenir et de promesse, un mot qui ouvre une brèche sur fond de désespérance, qui nous arrache à la fascination de la mort et nous réinscrit dans la vie. Le mot rappelle cette pierre du tombeau de Jésus roulée un dimanche matin. Le christianisme est né ce jour-là. Lorsque la pierre fut roulée pour que la vie l’emporte et reprenne le dessus, malgré tout. S’il est une raison, et peut-être une seule, d’être fier et heureux d’être chrétien, c’est de se savoir né de cette pierre roulée, c’est d’être l’enfant de cette conviction folle, pugnace, combative, joyeuse et passionnée que rien, aucun échec, aucun drame, aucune mort, ne saurait tout réduire à néant. La grande leçon du christianisme est ainsi tout entière contenue dans le « cependant » du poète. Aux heures de nos mélancolies les plus tenaces, au cœur d’un monde qui n’est plus que de rosée, au milieu de la nuit : une aurore, un matin, un « cependant ». Le Dieu que Jésus incarne, celui que Jésus nous rend proche et auquel il nous donne envie de croire est un « cependant » opposé à toutes les négativités de l’histoire, de l’existence et du monde. C’est ce Dieu-là que nous fêtons à Pâques, c’est ce Dieu-là dont le christianisme se doit d’être la mémoire vive, la prédication vibrante, la plus belle des fêtes.


 

Raphaël Picon

 

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