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n°207 | mars 2007
  CAHIER | par Jean-Marie de Bourqueney Les Chrétiens et la politique

 ÉDITORIAL |    Un Dieu personnel


 QUESTIONNER |    Science et métaphysique : quel rapport ?


 AGIR |    La situation dans les prisons de France


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Rites


 SERIE : LES LAMENTATIONS |    6. Nous reviendrons, nous serons consolés


 BILLET |    Ah ! rouvrez les maisons...


 MÉDITER |    Murs


 CAHIER |    Dire Dieu aujourd'hui

   Les Chrétiens et la politique


 VIVRE |    Cher Qohélet


 DÉBATTRE |    L’eau : un problème géopolitique


 COMMENTER |    Du Jardin d’Éden à celui du cimetière

 
 
 

  La fiche auteur de Christine Durand-Leis

  Sur le même thème : Qohélet - mes rosiers sont repartis

 
Evangile et liberté
 VIVRE   par Christine Durand-Leis 

Cher Qohélet

 

Cher Qohélet, « Il y a un temps pour tout ». Un temps pour ci, pour ça… Mais justement (ou injustement ?), les temps se heurtent, l’actualité fonce et dans ce choc des temporalités, il est confortable de tout aplatir avec un discours « café du Commerce » : « Finalement, au fond, ça ne change pas. » Cher ami, bienvenue au comptoir, avec ta sagesse aussi triste qu’immobiliste : « Ce qui a été, c’est ce qui sera et ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera » (Qohélet 1,9).

Mais non, mon pauvre, tu n’y es pas ! Tu écrivais derrière ton éternelle énigme, il y a si longtemps ! Et je te demande aujourd’hui s’il y a un temps pour le printemps, l’été, l’automne et l’hiver. Mais oui, même ce qui te semblait immuable du fond des temps, le grand manège des saisons déraille. Change de langage ! Et ce n’est même pas moi qui le dis, c’est, allez, devine ? Mes rosiers !

Oui, en janvier : mes rosiers sont repartis ! C’est fou ! Le réchauffement climatique, c’est moche. Et moi, je te dis ce que mes rosiers m’ont dit ce matin : « D’abord, il faudrait peut-être faire attention parce que, nous, on veut bien fleurir, mais il nous faut nous reposer et pour cela, aider la Nature (ou le Dieu des roses) à respecter nos cycles. Mais il faut aussi voir qu’il y a du “nouveau sous le soleil” et que le signe du froid et de la mort ne gagne pas forcément : en dehors des saisons folles ou non, la Vie n’est-elle pas sortie victorieuse d’un hiver tragique ? Allez : laissez l’hiver jouer son rôle (sans trop de CO2) mais acceptez aussi que Vie soit follement obstinée. » Ce bourgeon hors saison est aussi un signe : ce qui a été n’est plus forcément ce qui sera, et le Vivant, cher Qohélet, te contredit : « Voici, je fais toutes choses nouvelles ». 

 

Christine Durand-Leis

 

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