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n°237 | Mars 2010
  CAHIER | par Gilles Bourquin De l’animal à l’Homme

 ÉDITORIAL |    Toutes les formes de protestantisme ne se valent pas


 QUESTIONNER |    Athées et chrétiens, semblables et différents


 AGIR |    CICR : une croix sur l’indifférence


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Anges


 SERIE: MON JÉSUS |    4. Des commandements aux droits de l’Homme


 BILLET |    Modéré ? Moi, jamais !


 MÉDITER |    Aimer toute la création


 CAHIER | De l’animal à l’Homme   Quel est le propre de l’Homme ?

   De l’animal à l’Homme


 VIVRE |    Insouci


 REPENSER |    Le sacrifice


 COMMENTER |    Entre liberté et mainmise, l’épisode du veau d’or


 REGARDER |    Mondes parallèles


 DÉBATTRE |    Le transhumanisme


 RETROUVER |    Frank Martin, compositeur « protestant »


 RÉSONNER |    David Lynch

 
 
 

  La fiche auteur de Bernard Félix

  Sur le même thème : Insouci

 
Evangile et liberté
 VIVRE   par Bernard Félix 

Insouci

 

Distinguons dans nos vies bonheur et joie. Bonheur, état statique de celui qui sent son attente comblée. Joie, élan dynamique, source d’émerveillement et de surpassement dans la profondeur de l’être.
  Ce dernier état, jailli de l’instant, propose un futur ineffable où gît la marque de Dieu, l’apport de sa bienveillance pour son enfant. La joie est brève, fulgurante et nous laisse autre. Le bonheur, sans nous changer, risque de prolonger notre égoïsme.
  Faudrait-il vivre surtout dans le seul présent ? Quelques lectures touchant Jean Calvin amènent à s’interroger. Dans sa confiance inaltérable en Dieu – bien qu’Il soit insaisissable, inconnaissable – Calvin ne verse-t-il pas dans l’insouci de ce qu’apporteront les jours à venir ?

  Le présent est le temps de Dieu, celui où Il nous juge, mais aussi celui où Il nous aime et nous apporte la grâce imméritée de sa justification. Être assuré de cela, mettre sa confiance dans ce don de Dieu, c’est envisager notre vie avec sérénité et travailler lucidement les données de chaque jour, à savoir ordre à mettre dans nos pensées, rencontres et, à travers elles, souci des autres.

  Insouci vis-à-vis de l’avenir. Faut-il affirmer notre indifférence à ce qui adviendra, à nous, au prochain, au monde ? Non pas, mais si nos efforts semblent vains, ne nous inquiétons pas exagérément du résultat. Le souci des autres prend vigueur avec l’insouci vis-à-vis de soi. Et en tout, comme aux lys des champs, Dieu pourvoira.
  Paradoxalement, la joie s’enracine dans l’insouci. Elle est pleinement accueillie dans l’amour de Dieu et des autres, dans l’abandon de notre égoïsme et dans la marche tranquille sur le chemin de Dieu.
  Voudrions-nous dire que Dieu conduit tout, dans le détail de nos jours et de ceux des autres ? Non sans doute, mais s’il s’en désintéresse, pourquoi y attacherions-nous une telle importance ?
  Un relatif détachement vis-à-vis des résultats de nos efforts naît du sentiment que le sens de notre vie n’y réside pas tout entier ; c’est notre seule obéissance qui importe, en Dieu qui nous mène à destination, qui nous prédestine, sans que nous sachions bien vers quoi. Mais c’est un Dieu d’amour.

 

Bernard Félix

 

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