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n°237 | Mars 2010
  CAHIER | par Gilles Bourquin De l’animal à l’Homme

 ÉDITORIAL |    Toutes les formes de protestantisme ne se valent pas


 QUESTIONNER |    Athées et chrétiens, semblables et différents


 AGIR |    CICR : une croix sur l’indifférence


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Anges


 SERIE: MON JÉSUS |    4. Des commandements aux droits de l’Homme


 BILLET |    Modéré ? Moi, jamais !


 MÉDITER |    Aimer toute la création


 CAHIER | De l’animal à l’Homme   Quel est le propre de l’Homme ?

   De l’animal à l’Homme


 VIVRE |    Insouci


 REPENSER |    Le sacrifice


 COMMENTER |    Entre liberté et mainmise, l’épisode du veau d’or


 REGARDER |    Mondes parallèles


 DÉBATTRE |    Le transhumanisme


 RETROUVER |    Frank Martin, compositeur « protestant »


 RÉSONNER |    David Lynch

 
 
 

  La fiche auteur de Nicolas Berdiaev

  Sur le même thème : Aimer - création - beauté - divino-humain

 
Evangile et liberté
 MÉDITER   par Nicolas Berdiaev 

Aimer toute la création

 

Le contenu positif de l’être est l’amour, l’amour créateur, l’amour qui transfigure. L’amour ne représente pas un aspect quelconque, isolé et particulier de la vie, l’amour est toute la vie, la plénitude de la vie. La connaissance est aussi une révélation de l’amour, de l’amour cognitif, de la fusion cognitive de l’aimant avec son objet, avec l’être, avec Dieu. La création de la beauté est aussi une révélation de l’harmonie de l’amour dans l’être. L’amour est une affirmation de la face aimée dans l’éternité et en Dieu, c’est-à-dire une affirmation de l’être. Mais l’amour pour Dieu est inséparable de l’amour pour le prochain, de l’amour pour la création divine. Le christianisme est un dévoilement de l’Amour divino-humain. Non seulement l’amour pour Dieu mais aussi l’amour pour l’homme me délivrent, c’est-à-dire transfigurent ma nature. L’amour du prochain, des frères, les actes d’amour font partie de la voie de mon salut, de ma transfiguration. L’amour pour les animaux et les plantes, pour un brin d’herbe, pour les pierres, pour les fleuves et les mers, pour les champs et les montagnes, fait partie de la voie de mon salut. Ainsi suis-je sauvé ; ainsi le monde entier est-il sauvé ; ainsi l’éclairement est-il atteint. La morte indifférence à l’égard de l’homme et de la nature, à l’égard du vivant, au nom de la voie du salut personnel, est une manifestation répugnante de l’égoïsme religieux, un dessèchement de la nature humaine […].

Pour un christianisme de création et de liberté, Le Cerf, 2009.

 

Nicolas Berdiaev

 

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