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n°208 | Avril 2007
  CAHIER | par Florence Taubmann La spécificité du dialogue judéo-chrétien dans le dialogue interreligieux

 ÉDITORIAL |    Personne ne détient les clés du bonheur !


 QUESTIONNER |    Le protestantisme et les quêtes spirituelles contemporaines


 DÉBATTRE |    Les mutations du politique


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Résurrection des corps


  SÉRIE : L'AUTORITÉ |    1. Qu'est-ce que l'autorité ?


 BILLET |    Le musée des électeurs


 MÉDITER |    Un chemin de lumière


 CAHIER | Le dialogue judéo-chrétien   Le dialogue judéo-chrétien

   La spécificité du dialogue judéo-chrétien dans le dialogue interreligieux


 COMMENTER |    Les ressuscités d'Emmaüs (Luc 24, 13-33)


 RACONTER |    Le testament de Dieu


 RÉAGIR |    Le confessionnal et l'isoloir


 RÉSONNER |    La Cène de Bernard Buffet, entre le tribunal et la grâce

 
 
 

  La fiche auteur de Laurent Gagnebin

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 RÉAGIR   par Laurent Gagnebin 

Le confessionnal et l'isoloir

 

On peut trouver des ressemblances entre le confessionnal et l’isoloir. Il s’agit dans les deux cas d’espaces bien délimités souvent sous forme de cabines, l’un dans le cadre ecclésial et romain, l’autre dans un cadre civil. Les deux sont en rapport direct avec le secret et nous mettent à l’abri d’écoutes et regards indésirables ; ils permettent de s’isoler. Se confesser est parfois une obligation. Il en va de même pour l’isoloir : on ne doit pas, en l’occurrence, voter et choisir son bulletin au su et vu de tous.

Mais là s’arrêtent les proximités, car les symétries observées définissent en fait de nettes oppositions. Le confessionnal est le symbole du système romain, hiérarchique et de type monarchique, où le prêtre exerce une fonction qui lui est réservée, alors que l’isoloir est l’expression par excellence de la démocratie. Un vote sans isoloir (ou ce qui en tient lieu) n’est plus vraiment démocratique.

Le secret du confessionnal est le secret de quelques-uns ; il est le pouvoir des prêtres d’écouter et d’absoudre, avec toutes les dérives possibles d’un tel pouvoir. En ce qui concerne l’isoloir, il y a bien pouvoir, mais il s’agit de celui de chacune et de chacun, d’un pouvoir partagé et exercé par tous et où aucun regard indiscret n’est possible. D’un côté l’autorité, de l’autre la liberté.

Le secret du confessionnal où le prêtre sollicite des confessions et impose réparation au pénitent n’a, il est vrai, rien à voir avec un isoloir dont le but est précisément le respect absolu d’un vote qui doit être et peut ainsi rester secret.

Il est d’ailleurs significatif que l’abandon par les protestants du confessionnal – au profit d’une confession générale et publique – ait très exactement correspondu à un exercice exigeant de la liberté, celui du sacerdoce universel. La liberté qu’implique ce dernier a été un apprentissage long et difficile, c’est une belle conquête parallèle, à bien des égards, à celle de la démocratie et du droit de vote. Alors profitons-en !

 

Laurent Gagnebin

 

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