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n°208 | Avril 2007
  CAHIER | par Florence Taubmann La spécificité du dialogue judéo-chrétien dans le dialogue interreligieux

 ÉDITORIAL |    Personne ne détient les clés du bonheur !


 QUESTIONNER |    Le protestantisme et les quêtes spirituelles contemporaines


 DÉBATTRE |    Les mutations du politique


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Résurrection des corps


  SÉRIE : L'AUTORITÉ |    1. Qu'est-ce que l'autorité ?


 BILLET |    Le musée des électeurs


 MÉDITER |    Un chemin de lumière


 CAHIER | Le dialogue judéo-chrétien   Le dialogue judéo-chrétien

   La spécificité du dialogue judéo-chrétien dans le dialogue interreligieux


 COMMENTER |    Les ressuscités d'Emmaüs (Luc 24, 13-33)


 RACONTER |    Le testament de Dieu


 RÉAGIR |    Le confessionnal et l'isoloir


 RÉSONNER |    La Cène de Bernard Buffet, entre le tribunal et la grâce

 
 
 

  La fiche auteur de Laurent Gagnebin

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 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS   par Laurent Gagnebin 

Résurrection des corps

 

Résurrection de la chair, des corps : bien des confessions de foi les affirment.

On se rappelle ces innombrables œuvres picturales figurant de manière à la fois suggestive et naïve ce moment de la vie future.

Il m’est certes complètement indifférent de savoir si mes orteils, mon foie, mon nez, mon nombril, par exemple, vont ressusciter.

La résurrection des corps correspond à une réalité invraisemblable et inimaginable, alors que croire à l’immortalité de l’âme semble infiniment plus crédible.

Ces deux expressions différentes, quoique parfois conjuguées ensemble, coexistent dans les Écritures.

De toute façon, nous ne savons rien des modalités de la vie éternelle, mais je reste convaincu que nos manières de l’exprimer nous apprennent quelque chose sur notre façon de considérer notre vie présente.

Affirmer la seule immortalité de l’âme peut nous conduire à une aliénation religieuse où nous pensons devoir sacrifier ce qui est terrestre, matériel, physique, voire historique, à la souveraineté sans partage d’une spiritualité exsangue et atemporelle.

Le christianisme est une religion de l’incarnation. Il professe un matérialisme bienvenu ; il ne fuit pas le monde corporel ni ne le dévalorise au profit d’un exclusivisme désincarné niant l’importance des « nourritures terrestres ».

Parler de la résurrection des corps peut alors vouloir dire que nous prenons au sérieux le monde actuel dans toutes ses composantes spirituelles et matérielles.

Cela nous invite à comprendre combien la vision sémitique et biblique d’un être humain corps et âme est décisive pour notre manière de vivre concrètement notre foi.
Rien de véritablement évangélique ne se dit et ne se fait dans le mépris de notre condition humaine.

 

Laurent Gagnebin

 

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