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| CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |
par
Laurent Gagnebin |
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Résurrection des corps
Résurrection de la chair, des corps : bien des confessions de foi les affirment.
On se rappelle ces innombrables œuvres picturales figurant de manière à la fois suggestive et naïve ce moment de la vie future.
Il m’est certes complètement indifférent de savoir si mes orteils, mon foie, mon nez, mon nombril, par exemple, vont ressusciter.
La résurrection des corps correspond à une réalité invraisemblable et inimaginable, alors que croire à l’immortalité de l’âme semble infiniment plus crédible.
Ces deux expressions différentes, quoique parfois conjuguées ensemble, coexistent dans les Écritures.
De toute façon, nous ne savons rien des modalités de la vie éternelle, mais je reste convaincu que nos manières de l’exprimer nous apprennent quelque chose sur notre façon de considérer notre vie présente.
Affirmer la seule immortalité de l’âme peut nous conduire à une aliénation religieuse où nous pensons devoir sacrifier ce qui est terrestre, matériel, physique, voire historique, à la souveraineté sans partage d’une spiritualité exsangue et atemporelle.
Le christianisme est une religion de l’incarnation. Il professe un matérialisme bienvenu ; il ne fuit pas le monde corporel ni ne le dévalorise au profit d’un exclusivisme désincarné niant l’importance des « nourritures terrestres ».
Parler de la résurrection des corps peut alors vouloir dire que nous prenons au sérieux le monde actuel dans toutes ses composantes spirituelles et matérielles.
Cela nous invite à comprendre combien la vision sémitique et biblique d’un être humain corps et âme est décisive pour notre manière de vivre concrètement notre foi.
Rien de véritablement évangélique ne se dit et ne se fait dans le mépris de notre condition humaine.
Laurent Gagnebin
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