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n°210 | Juin-Juillet 2007
  CAHIER | par Bernard Reymond J'aime les vacances, les voyages, l'évasion...

 ÉDITORIAL |    Tant de blessures enfin promises à guérison !


 QUESTIONNER |    Les religions : un affront à l'intelligence ?


 RÊVER |    J'ai rêvé d'un monde


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Jésus, Fils de Dieu


  SÉRIE : L'AUTORITÉ |    3. Une autorité paradoxale


 BILLET |    La clef, la liberté et... ma poche !


 MÉDITER |    L'harmonie du monde


 CAHIER | Vacances, voyages, évasion   Vacances, voyages, évasion

   J'aime les vacances, les voyages, l'évasion...


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 DIALOGUER |    Le dialogue inter-religieux


 COMMENTER |    Tous sauvés ?


 RÉSONNER |    Relire Noces d’Albert Camus

 
 
 

  La fiche auteur de Jean-Marie de Bourqueney

  Sur le même thème : La clef, la liberté et... ma poche !

 
Evangile et liberté
 BILLET   par Jean-Marie de Bourqueney 

La clef, la liberté et... ma poche !

 

La clef, comme objet, m’agace ! À l’heure où je communique par internet et GSM, où je paye par carte bancaire, où les puces (électroniques évidemment) nous envahissent, voilà que j’ai encore les poches trouées par cet objet antique : la clef. Je suis sûr que ce sont les marchands de vestes qui ont des accords avec les serruriers… Pensez donc, les premières clefs remontent à l’époque égyptienne. Quant à celles d’aujourd’hui, elles sont certes plus complexes mais restent un objet mécanique encombrant… et indispensable. Qui n’a jamais perdu ses clefs ne connaît pas le sens du mot « angoisse » !

En revanche, la clef comme symbole commence à me plaire. Elle peut certes évoquer le bruit des trousseaux de clefs en prison, ce bruit lancinant qui continue à hanter les anciens détenus durant toute leur vie. Elle peut être un terrible symbole d’enfermement : on cadenasse, on boucle. Circulez, il n’y a rien à voir ! Non, ce symbole-là n’est pas à mon goût. Je lui préfère la clef des champs ou celle des songes, qui évoquent l’évasion vers une liberté. Ce sont des clefs qui ne cessent d’ouvrir des portes plutôt que de les refermer. Ce sont les clefs du poète, celui qui nous emmène au pays de l’imagination, celui qui fait éclore en nous notre propre imaginaire. Sa clef devient la mienne, vers le pays de mes rêves. Il paraît que sans rêve, on devient fou. Le poète devient alors le vaccin contre nos folies. Il est le peintre de nos âmes.

Et puis, il y a aussi les clefs de la raison, celles que l’on appelle les « clefs d’interprétation ». Devant un manuscrit ancien, devant un alphabet mystérieux, devant un texte philosophique ardu, je ne peux rester nu, sans « clef », sans « code » qui me permette de comprendre un peu mieux. Il en va de même dans les relations humaines. Souvent, pour comprendre l’autre, il me faut des « clefs » : quelle est son histoire, sa culture, sa personnalité ? Bref, les clefs peuvent rapprocher les humains et les rendre libres, même si elles continuent à trouer mes poches…

 

Jean-Marie de Bourqueney

 

  La fiche auteur de Jean-Marie de Bourqueney

 
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