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n°221 | Août-septembre 2008
  CAHIER | par Sylvie Rachet Vauban, modèle de tolérance ?

 ÉDITORIAL |     «Pour un monde meilleur !»


 QUESTIONNER |    Notre Dieu est-il un Dieu lointain ?


 AGIR |    La nuit des sans-logis


 CAHIER | Vauban, modèle de tolérance ?   Introduction : Tolérance et liberté

   Vauban, modèle de tolérance ?


 REPENSER |    La résurrection


 BILLET |    « Faire le plein »


 RÉAGIR |    Conseil d’Églises Chrétiennes en France


 MÉDITER |    Je m’en vais


 RELIRE |    “Un beau reste”


 VIVRE |    C’est pas une vie


 RETROUVER |    Martin-Luther King : Témoignage


 COMMENTER |    Le riche et Lazare (suite)


 REGARDER |    Harmonies irisées


 RÉSONNER |    Linha de Passe

 
 
 

  La fiche auteur de Laurent Gagnebin

  Sur le même thème : «Pour un monde meilleur !» - sportifs français

 
Evangile et liberté
 ÉDITORIAL   par Laurent Gagnebin 

«Pour un monde meilleur !»

 

   «  Pour un monde meilleur ! » Tel est le slogan que les sportifs français auraient voulu arborer sur un badge à l’occasion des jeux olympiques et en signe de protestation contre l’écrasement de la révolte tibétaine. On a dit que cette formule était vague et bien anodine. Mais, avec elle, on dépassait le cas particulier d’un État pour manifester une solidarité d’ordre international. Ce slogan avait aussi l’avantage d’être pour et non contre. Et le politique n’y était pas la politique.
   La proximité d’une telle formule avec un mot d’ordre susceptible d’être celui des chrétiens est frappante : lutter pour un monde meilleur, n’est-ce pas l’action de tous ceux qui, à travers la justice, combattent pour le Royaume de Dieu ? Cela dit, à condition que l’on comprenne bien que le but d’un tel combat n’est pas un idéal lointain et anonyme ; avec l’amour du prochain, notre idéal, c’est l’autre. Bonhoeffer écrit ainsi : « L’au-delà n’est pas ce qui est infiniment loin, mais ce qui est le plus proche. » Il nous faut donc préférer le prochain au lointain, des êtres humains à l’idée que l’on se fait de leur bonheur futur à travers un idéal peut-être magnifique, mais possiblement tyrannique. Ou, pour le dire autrement, la fin ne justifie pas les moyens. On nous rétorquera qu’il n’y a pas besoin d’être croyant pour vouloir un monde meilleur et que ce slogan n’a, par conséquent, rien de spécifiquement chrétien. Et alors ? Il n’y a pas besoin d’être chrétien pour condamner le viol, mais peut-on l’être sans le faire ? C’est une des forces du christianisme de pouvoir partager son éthique avec tant d’autres. Cet idéal olympique et celui du Royaume de Dieu : même combat ? Tant mieux, si c’est vrai.

 

Laurent Gagnebin

 

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