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n°222 | Octobre 2008
  CAHIER | par Bernard Reymond Le protestantisme et le cinéma

 ÉDITORIAL |    Transmettre


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Miracle


 QUESTIONNER |    Protestantisme libéral et christianisme social


 CAHIER | Le protestantisme et le cinéma   Introduction : Cinéma

   Le protestantisme et le cinéma


 RÉAGIR |    Un air de « Déjà vu »


 SERIE : MANGER |    1. « Donnez-leur vous-mêmes à manger »


 BILLET |    Consommation et indigestion


 MÉDITER |    Servir


 VIVRE |    Un instant de beauté


 REPENSER |    Les « traces du sacré » dans notre monde


 RETROUVER |    Napoléon Peyrat,


 VISITER |    À propos du désert, lieu de ressourcement


 DÉBATTRE |    À toi le règne…


 COMMENTER |    Le Royaume intérieur

 
 
 

  La fiche auteur de Henri Persoz

  Sur le même thème :

 
Evangile et liberté
 SERIE : MANGER   par Henri Persoz 

1. « Donnez-leur vous-mêmes à manger »

Marc 6,37

 

   Manger. Manger. Voilà une préoccupation qui ne quitte pas les êtres vivants. Il faut manger pour vivre, mais aussi manger ensemble pour se rencontrer, cultiver les amitiés, apprécier les douces saveurs de la terre. Pas étonnant que la Bible baigne dans les questions de nourriture. Elle se déploie depuis cette faute initiale, dans le jardin d’Éden, où Adam et Ève ont mangé ce qu’il ne fallait pas, jusqu’à cette excellente grillade de poissons, à la fin de l’évangile de Jean, partagée entre le Jésus ressuscité et ses disciples.
   Entre ceux qui mangent trop et ceux qui ne mangent pas assez, l’humanité ne parvient pas à résoudre ses problèmes. Les questions lancinantes de la faim et du partage de la nourriture ressortent de la Bible comme elles ressortent de notre monde contemporain.
   En témoigne cette fameuse multiplication des pains, racontée si souvent dans les évangiles : Jésus et ses disciples sont en face d’une foule affamée qui n’a rien mangé depuis trois jours et qui risque de défaillir à chaque instant. Cinq mille hommes, sans compter les femmes et les enfants. Ne sommes-nous pas en pleine actualité ? Les disciples ne veulent pas faire d’ingérence. Ils ne sont pas là pour s’occuper de ces besoins élémentaires : « Que ces braves gens aillent donc dans les villages, s’acheter de quoi manger ; qu’ils se débrouillent ; nous avons tout juste assez pour nous-mêmes », disent-ils, en substance, à Jésus.
   Mais Jésus tranche avec autorité : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Sous-entendu : « Vous craignez de ne pas pouvoir les nourrir, mais vos ressources vous permettent de partager davantage que ce que vous pensez. » Les disciples s’inclinent, le Maître a dit. Il a dit que son enseignement et tous les beaux discours qui s’en suivent sont vains si d’abord les disciples ne donnent pas à manger aux foules qui ont faim.
   Et il resta 12 corbeilles pleines, une pour chaque disciple. Ils ramenèrent à la maison plus que ce qu’ils ne voulaient pas donner.

 

Henri Persoz

 

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