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n°222 | Octobre 2008
  CAHIER | par Bernard Reymond Le protestantisme et le cinéma

 ÉDITORIAL |    Transmettre


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Miracle


 QUESTIONNER |    Protestantisme libéral et christianisme social


 CAHIER | Le protestantisme et le cinéma   Introduction : Cinéma

   Le protestantisme et le cinéma


 RÉAGIR |    Un air de « Déjà vu »


 SERIE : MANGER |    1. « Donnez-leur vous-mêmes à manger »


 BILLET |    Consommation et indigestion


 MÉDITER |    Servir


 VIVRE |    Un instant de beauté


 REPENSER |    Les « traces du sacré » dans notre monde


 RETROUVER |    Napoléon Peyrat,


 VISITER |    À propos du désert, lieu de ressourcement


 DÉBATTRE |    À toi le règne…


 COMMENTER |    Le Royaume intérieur

 
 
 

  La fiche auteur de Raphaël Picon

  Sur le même thème : Transmettre - maître mot des Églises chrétiennes - le dernier dimanche d’octobre - fête de la Réformation

 
Evangile et liberté
 ÉDITORIAL   par Raphaël Picon 

Transmettre

 

   Transmettre est aujourd’hui le maître mot des Églises chrétiennes. Énoncer ses convictions, témoigner de sa foi, faire connaître ses valeurs, semble être devenu nécessaire pour un christianisme occidental qui se croit souvent mal aimé et malmené. De même, et plus généralement, l’intérêt contemporain pour le religieux trahit souvent le désir de se voir transmettre un cadre doctrinal, moral ou spirituel, propice à l’enracinement et à la stabilité, là où tant d’éléments de la vie déroutent et déconcertent. Depuis toujours les religions et les communautés religieuses fonctionnent comme des conservatoires. Elles font mémoire de la parole porteuse de sens qu’elles entendent transmettre. Le geste religieux est donc par nature conservateur. Il lutte contre l’oubli, la négligence et l’indifférence. Il est pour cela de la plus haute nécessité de lui opposer une exigence d’imagination et de créativité. Car une transmission vivante ne peut se faire au détriment de l’invention, sauf à fossiliser son contenu. Une religion ne reste vive qu’à travers son aptitude à s’enrichir de nouveauté et à se laisser transformer par elle. Né d’une réforme radicale, voire révolutionnaire, le protestantisme se doit d’être continuellement en recherche de nouvelles manières de croire et de penser. C’est certainement là que réside sa contribution la plus nécessaire et la plus précieuse dans le concert des religions du monde. La fête de la Réformation, le dernier dimanche d’octobre, sera une belle occasion de nous rappeler l’une des grandes leçons du protestantisme : nos images de Dieu deviennent des idoles dès qu’elles se figent et résistent aux réformes. Parler de Dieu aujourd’hui, ce n’est pas d’abord transmettre un héritage, aussi beau soit-il, mais inventer de nouvelles manières de dire Dieu, de le croire, de le célébrer, de l’aimer.

 

Raphaël Picon

 

  La fiche auteur de Raphaël Picon

 
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