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n°231 | Août-Septembre 2009
  CAHIER | par John S. Spong Jésus Sauveur, une image à réviser

 ÉDITORIAL |    Une idée vraie


 QUESTIONNER |    Religions, facteur de guerre ou de paix ?


 DÉBATTRE |    Calvinothérapie


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Péché


 RETROUVER |    Alexandre Vinet


 SÉRIE : BIZARRERIES THÉOLOGIQUES... |    3. La bénédiction des choses


 CAHIER | Jésus Sauveur, une image à réviser   Introduction : Une théologie moderne et compréhensible

   Jésus Sauveur, une image à réviser


 COMMENTER |    Mine de rien


 JOURNÉES « ÉVANGILE ET LIBERTÉ » 2009 |    Semblables et différents


 CONTESTER |    « Chromoclaste », la Réforme ?


 VIVRE |    Johnny et Calvin


 AGIR |    Pauvreté d’hier


 RÉSONNER |    Franchise postale

 
 
 

  La fiche auteur de Raphaël Picon

  Sur le même thème : Jésus - glaive - amour - libération - évangiles - sauveur - engagements

 
Evangile et liberté
 ÉDITORIAL   par Raphaël Picon 

Une idée vraie

 

  Une idée vraie ne plaît pas forcément à tous ! Elle n’en reste pas moins vraie. Les protestants le savent par leur histoire de dissidents : l’adhésion massive n’est pas un indice de vérité. Les lecteurs des évangiles le savent aussi. Ils y découvrent un Jésus dont la force intérieure bouleverse en profondeur la vie de ceux qu’il rencontre. Mais Jésus ne veut ni plaire, ni séduire. Il détonne, il provoque ; il en mourra, cloué sur une croix. Puissance d’amour et de libération, sa prédication comprend néanmoins une part d’impopularité. C’est vrai de ses paroles dures, celles qui annoncent le glaive et non la paix, la haine entre le père et le fils, qui laissent les morts enterrer leurs morts. Ces paroles constituent une Bible non prêchée que nos chaires d’Église laissent parfois sous silence. Mais cette impopularité se retrouve aussi dans ce qui nous plaît spontanément dans les évangiles : l’amour des ennemis, l’appel au pardon, l’amour inconditionnel de Dieu. Hitler et Martin Luther King aimés, l’un comme l’autre, par Dieu ? La prédication de Jésus ne saurait provoquer l’accord de tous. Pas plus qu’elle ne saurait, en chacun de nous, trouver tout notre consentement. Cette résistance nous sauve des adhésions puériles et béates et met en alerte nos capacités de questionnement et de réflexion. Par sa prédication engagée, Jésus nous libère des séductions et des conformismes, il nous invite à prendre position, à dire « je », il nous entraîne ainsi vers des horizons de pensée et de vie nouveaux et inédits. Il n’appelle pas des amen réflexes et consensuels mais des choix, des engagements, parfois des combats. « Le Christ est d’abord le grand troubleur », disait le théologien catholique Henri de Lubac. C’est ainsi qu’il nous sauve. Oui, il nous sauve de ce qui est mortel dans l’existence : l’indifférence, l’uniformité, l’ennui.

 

Raphaël Picon

 

  La fiche auteur de Raphaël Picon

 
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