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n°210 | Juin-Juillet 2007
  CAHIER | par Bernard Reymond J'aime les vacances, les voyages, l'évasion...

 ÉDITORIAL |    Tant de blessures enfin promises à guérison !


 QUESTIONNER |    Les religions : un affront à l'intelligence ?


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 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Jésus, Fils de Dieu


  SÉRIE : L'AUTORITÉ |    3. Une autorité paradoxale


 BILLET |    La clef, la liberté et... ma poche !


 MÉDITER |    L'harmonie du monde


 CAHIER | Vacances, voyages, évasion   Vacances, voyages, évasion

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 COMMENTER |    Tous sauvés ?


 RÉSONNER |    Relire Noces d’Albert Camus

 
 
 

  La fiche auteur de Raphaël Picon

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Evangile et liberté
 ÉDITORIAL   par Raphaël Picon 

Tant de blessures enfin promises à guérison !

 

Une belle touche de bleu dans un ciel bien sombre, désespérément gris.
De beaux discours au ton évangélique, de vrais appels à faire éclore toute la beauté dont nous somme capables.
La campagne électorale présidentielle vient de s’achever sur de beaux rêves messianiques qui peuvent laisser... perplexes.
Elle fut passionnante et permit à beaucoup de renouer avec la geste démocratique : vote massif, débats participatifs, meetings populaires.
Du jamais vu pour de nombreux jeunes français : une fête et une chance pour notre conscience politique ! On le sait, la constitution de la Ve République, avec notamment l’élection du président au suffrage universel, nourrit l’attente de cet être providentiel, et ravive chaque fois le désir ardent de solutions définitives, de réponses efficaces.
Le politique lui-même apparaît alors comme cette puissance créatrice, démiurgique, ce sésame d’un nouveau monde où tout est remis en ordre juste, où, ensemble, tout est cru comme possible (même le pire...).
Ce rêve de sauveur serait-il d’autant plus vif, que notre monde serait en tous points désespéré ? Serait-il le symptôme d’un monde qui ne s’aime plus, désenchanté de lui-même et qui ne se fait plus confiance ? Cette attente messianique serait-elle nécessaire à toute vie sociale, afin que celle-ci reste tendue vers un but et un horizon qui la dépasse ? Cette quête d’un héros qui puisse faire ce qu’il dit, qui rassure et invite au rêve, serait-elle une sorte de revanche du religieux ?
Et pourtant : « À Dieu seul la gloire ! » Parce qu’il y a un Dieu, il n’y ni plus ni dieux ni maîtres.
Le cri de nos vieux Réformateurs nous arrache à toutes nos rêveries.
Sa grande vertu est d’inscrire la politique dans ses limites propres ; là même où elle est absolument nécessaire.
Non dans le rêve de l’impossible qui, tel un opium du peuple, nous endort, mais dans la recherche lucide et sans démagogie des conditions d’un vivre ensemble et dans la mise en œuvre de vraies solidarités.

 

Raphaël Picon

 

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