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n°224 | Décembre 2008
  CAHIER | par Yann Redalié Le sport et le protestantisme

 ÉDITORIAL |    Emmanuel


 QUESTIONNER |    De la fragilité humaine à la fragilité divine


 AGIR |    Faire silence pour que les sans-voix soient écoutés


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Rédemption


 SERIE : MANGER |    3. Le miel est doux mais une abeille ça pique


 BILLET |    Vous m’affligez


 MÉDITER |    Chant des veilleurs


 CAHIER | Le sport et le protestantisme   Introduction : Le sport

   Le sport et le protestantisme


 CELEBRER |    La fête


 RÉAGIR |    Déclaration de l’Église Réformée de Nîmes.


 FÊTER |    Hanoukkah


 REPENSER |    La louange


 RETROUVER |    Moïse Amyraut


 COMMENTER |    Le Vierge Joseph


 RÉSONNER |    La gare TGV d’Avignon

 
 
 

  La fiche auteur de Jean Hoibian

  Sur le même thème : Faire silence - les sans-voix soient écoutés - CADA

 
Evangile et liberté
 AGIR   par Jean Hoibian 

Depuis Noël 2007, à la suite des Franciscains de Toulouse, des « cercles de silence » fleurissent dans des dizaines de villes de France, pour dénoncer, dans une attitude non-violente, l’enfermement et les conditions de détention de demandeurs d’asile dans des Centres de rétention.

 

Faire silence pour que les sans-voix soient écoutés

 

* NDLR : le texte complet de cette déclaration du Conseil d’Églises chrétiennes en France a été publiée dans le numéro 221 (aoûtseptembre 2008) d’Évangile et liberté. Le site des Franciscains de Toulouse (http://www. franciscainstoulouse.fr/) donne une liste des cercles de silence existants.

   En avril 2008, un certain nombre de chrétiens, participaient à des « manifs » en faveur des demandeurs d’asile, dans les rues de Montélimar. Ils entendent parler du « Cercle de silence » initié à Toulouse par les Franciscains.
   Ils proposent cette formule d’action non-violente aux amis courageux du « Réseau Éducation sans frontière » et à ceux de l’« ASTI » (Association de solidarité avec les travailleurs immigrés) :
   S’unir dans un collectif d’associations pour manifester chaque semaine à la même heure, au même endroit, dans une attitude non-violente (les pancartes s’expriment en « pour... », et non en « contre... ») pour que les familles étrangères demandeuses d’asile soient traitées avec humanité.

   Il existe dans notre ville un CADA (centre d’accueil des demandeurs d’asile). Depuis plusieurs années, quelques-uns d’entre nous ont établi un lien amical avec ces familles traumatisées, obligées d’entrer dans un « parcours du combattant » pour essayer d’obtenir le droit de vivre chez nous. Les adultes (dont certains ne parlent pas français) remplissent des tas de formulaires, qui sont destinés à l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) en région parisienne (!) ou à la préfecture de la région. Aidés par quelques travailleurs sociaux et par des avocats, ces étrangers sont constamment convoqués pour de nouvelles exigences administratives. C’est  l’angoisse permanente : comment apporter la preuve des persécutions endurées, des tortures, des viols, des menaces, etc. Ces démarches durent plusieurs années. Les enfants vont à l’école, apprennent rapidement notre langue et s’intègrent facilement !
   Mais le couperet tombe. Les fonctionnaires « boostés » par leur hiérarchie, n’acceptent plus de nouveaux « recours » et expulsent toute la famille du CADA. Voici parents et enfants à la rue, sans ressource, sans espoir !
   Et les foyers d’accueil ne sont pas autorisés à les recevoir.
   Alors, comme au temps de la guerre, des gens admirables ouvrent leurs maisons, mais ce ne peut être que provisoire, avant que les étrangers déçus, amers, n’entrent dans la clandestinité, surtout s’ils sont inexpulsables !
   Cette situation est intolérable, n’est-ce pas ?

   Notre objectif rejoint certainement celui des 40 ou 50 Cercles de France.
   – Obtenir un meilleur accueil, une véritable écoute, de la part des autorités, vis-à-vis de ces familles. – Accorder une aide pour un mini apprentissage du français élémentaire.
   – Accepter que les hommes puissent faire de « petits boulots ».
   – Faire connaître aux gens de notre ville l’existence du CADA, la misère et la souffrance de ces gens persécutés dans leur pays.
   – Espérer que les grandes associations religieuses et humanitaires regroupées, soient écoutées et comprises au plus haut niveau de l’État.

   En attendant nous persistons, notre cercle se renouvelle, s’agrandit, notre complicité est réelle et je vois dans les yeux de mes amis (souvent âgés...) de la joie et du courage.
   Les gens qui passent sont interrogés profondément par notre silence. Beaucoup nous disent à voix basse leur approbation.
   Montélimar la douce (!) n’est pas une ville politisée, mais beaucoup de coeurs sont tendres comme le bon nougat !

   « Nous réaffirmons en tant qu’Églises chrétiennes que le droit d’asile est non seulement un droit fondamental mais aussi un devoir d’accueil et d’hospitalité.»
   Ainsi ont parlé d’une même voix les représentants de toutes les Églises*, le 14 Mai 2008.
   Alors nous, petits militants chrétiens de base, pouvons-nous rester couchés ?

 

Jean Hoibian

 

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