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| CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |
par
Laurent Gagnebin |
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Liturgie
« Aller au prêche » a longtemps été une expression des réformés pour dire qu’on se rendait au culte. Ce qui, dans ce dernier, n’était pas le sermon paraissait marginal. L’habitude était fréquente de n’assister qu’au sermon. La prédication a été et demeure, par son importance, une marque spécifique du culte protestant. On a d’ailleurs souvent opposé liturgie et sermon ; elle avait, pensaiton, un rôle accessoire et s’apparentait à une routine ritualiste. Elle était en plus ou à côté du sermon ; on parle encore fréquemment aujourd’hui de « culte liturgique » pour annoncer un culte sans prédication. Or la liturgie comprend toutes les parties du culte, y compris le sermon. Il est vrai que le protestantisme a, trop souvent, sous prétexte de purification, procédé à un massacre à la tronçonneuse réduisant le culte à un croupion. C’est sous l’impulsion du pasteur Eugène Bersier (1831-1889), que le culte réformé retrouvera en France une dimension très proche de nos célébrations actuelles. Heureusement que certaines parties du culte peuvent nous toucher profondément, alors que la prédication ne nous aura pas véritablement parlé !
Il est bon aussi de se rappeler l’étymologie de « liturgie ». Ce terme provient de deux mots grecs : le premier désigne le peuple et a donné en français laïc ; le second signifie oeuvre ou action. La liturgie est donc une oeuvre laïque ou l’entreprise de tous. C’est le rappel possible d’une dimension démocratique qui caractérise le protestantisme tout entier et s’incarne dans le sacerdoce universel et le culte. Loin d’être la chasse gardée des clercs, elle est placée sous la responsabilité des uns et des autres. La réflexion, la préparation, l’animation du culte devraient être le fait d’une large participation. Penser la foi, c’est aussi penser et porter le culte ensemble.
Laurent Gagnebin
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