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n°211 | Août-Septembre 2007
  CAHIER | par Marie-Noële Duchêne et Jean-Luc Duchêne Introduction : Les miracles

 ÉDITORIAL |    Argent


 QUESTIONNER |    L’autorité de l’Église dans une Europe multiculturelle


 DÉBATTRE |    Que reste-t-il du christianisme ?


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Vocation


  SÉRIE : L'AUTORITÉ |    4. L’autorité dans l’Église


 BILLET |    « Évangile et liberté », mon chien et mon chat


 MÉDITER |    Confession de foi Remonstrante de 2006


 CAHIER | Les miracles de Jésus-Christ   Introduction : Les miracles

   Les miracles de Jésus-Christ


 VIVRE |    Les pains au chocolat


 COMMENTER |    De la moutarde, pour quoi faire ?


 RETROUVER |    Les Remonstrants


 JOUER |    Rugby, coupe du monde


 RÉSONNER |    De l’autre côté (Auf der anderen Seite)

 
 
 

  La fiche auteur de Michel Bertrand

  Sur le même thème :

 
Evangile et liberté
  SÉRIE : L'AUTORITÉ   par Michel Bertrand 

4. L’autorité dans l’Église

 

La question de l’autorité dans l’Église n’est pas, pour le protestantisme, une question centrale. La Réforme du XVIe siècle est même généralement tenue comme un moment de forte contestation de l’autorité (autorité de la tradition, du pape, du magistère, de la hiérarchie ecclésiale). On a d’ailleurs souvent rangé le protestantisme du côté des religions de liberté par opposition aux religions d’autorité. Il est vrai qu’au cours de l’histoire, les protestants se sont souvent trouvés du côté des opposants à toute forme d’autorité abusive, qu’elle soit religieuse ou politique.

Toutefois, une telle vue des choses doit être sérieusement nuancée. Non seulement les Réformateurs n’ont pas rejeté toute forme d’autorité, mais ils ont contribué à en renouveler la compréhension de manière significative, avec des conséquences importantes au plan doctrinal, ecclésial, moral voire politique. Ils l’ont fait à partir d’une affirmation centrale : c’est le Christ seul qui est l’autorité ultime dans l’Église. Cette autorité n’est à la disposition de personne. Aucun individu, aucune institution ne peuvent se l’approprier. L’autorité de l’Église s’exerce donc toujours comme une autorité partagée et seconde, en référence à l’autorité du Christ à laquelle elle ne peut que renvoyer.

Le renvoi exclusif à l’autorité du Christ ne doit pourtant pas dispenser d’observer la façon dont s’exerce effectivement l’autorité dans les institutions ecclésiales. Car le déplacement systématique de la question de l’autorité sur Dieu, le Christ, le Saint-Esprit ou les Écritures, peut couvrir des fonctionnements hiérarchiques et autoritaires d’autant plus redoutables qu’ils sont masqués. Aussi importe-t-il de clarifier les modalités concrètes de l’autorité dans l’Église. Il y a là un jeu complexe d’articulations et de tensions entre différentes instances de régulation. Ces médiations institutionnelles doivent être clairement identifiées et reconnues, analysées et habitées de façon à la fois constructive et critique.

 

Michel Bertrand

 

  La fiche auteur de Michel Bertrand

 
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