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n°212 | Octobre 2007
  CAHIER | par Jean-Marie de Bourqueney Le goût du risque : entre sécurité et audace

 ÉDITORIAL |    Un Dieu sans barbe


 QUESTIONNER |    Dépoussiérer nos cantiques ?


 DÉBATTRE |    Liturgies d’enfer


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Judas


  SÉRIE : L'AUTORITÉ |    5. Exercer l'autorité


 BILLET |    Loterie, publicité et partage ou... Faut-il faire l'aumône aux riches ?


 CAHIER | Le goût du risque : entre sécurité et audace   Introduction : Risquer pour vivre

   Le goût du risque : entre sécurité et audace


 VIVRE |    Trouver la beauté


 AGIR |    Exclu


 DIALOGUER |    L’Église vaudoise aujourd’hui :


 RETROUVER |    Émile Gallé, artiste protestant


 COMMENTER |    « Faites ceci en mémoire de moi »


 RÉSONNER |    Le dernier repas

 
 
 

  La fiche auteur de Michel Bertrand

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  SÉRIE : L'AUTORITÉ   par Michel Bertrand 

5. Exercer l'autorité

 

Exercer l’autorité implique d’en reconnaître son caractère fragile et relatif. C’est à vouloir se guérir de cette vulnérabilité essentielle, et croire pouvoir le faire, qu’elle dégénère en pouvoir autoritaire et mortifère. Pour conjurer ces tragiques dérives, je pense que l’exercice de l’autorité doit toujours assumer deux dimensions.

La première c’est la force d’énonciation et de persuasion de ceux qui personnellement ou collégialement l’exercent. On voit bien comment l’autorité passe par le charisme des personnes, leur qualité relationnelle, le courage et la cohérence de leurs engagements, la crédibilité de leur parole. Ainsi on attend du prédicateur une capacité d’écoute et une parole convaincue dans laquelle il se risque, de l’homme politique un projet visionnaire nourri de convictions fortes.

La deuxième dimension c’est tout ce qui contribue à faire de l’autorité, une autorité partagée impliquant une dimension coopérative. Elle s’exprime à travers les lieux de débats, les références traditionnelles, les médiations institutionnelles. C’est-à-dire tout ce qui protège l’exercice de l’autorité des dérives personnelles, des débordements subjectivistes, des autoritarismes abusifs, sous couvert parfois de prophétisme.

Ces deux dimensions sont indispensables parce qu’elles se corrigent mutuellement. La première, si elle est seule, va prendre la figure du chef qui se coupe des citoyens, ou celle du gourou qui ne s’appuie plus sur aucune régulation institutionnelle et qui joue sur le registre de la séduction et de la manipulation. Quant à la seconde, en l’absence de la première, elle risque de faire dériver l’exercice de l’autorité vers la seule conservation d’un pouvoir, réduit à son expression institutionnelle, administrative ou bureaucratique.

On perçoit l’actualité des enjeux liés à cette articulation, au plan ecclésial, comme au plan politique. Elle protège l’autorité de ses dérives et lui permet de renouer sans cesse avec son étymologie : être capable de faire grandir.

 

Michel Bertrand

 

  La fiche auteur de Michel Bertrand

 
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