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| ÉDITORIAL |
par
Laurent Gagnebin |
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La frontière
LA FRONTIÈRE n’est pas forcément ce qui sépare ou oppose, mais au contraire ce qui marque une proximité, une rencontre possible, ce qui rapproche et unit. La frontière ainsi comprise, telle était selon le théologien Paul Tillich (Allemagne 1886 – États-Unis 1965) la notion qui permettait de cerner l’ensemble de son développement personnel et intellectuel. On sait combien un christianisme d’ouverture et un protestantisme libéral sont aujourd’hui en concordance avec une telle pensée. Dans sa Théologie de la culture, et non de la rupture, Paul Tillich a voulu souligner les solidarités existant entre la religion et la société ou le monde, entre la théologie et la philosophie, la foi et la raison, le christianisme et les autres religions, sans oublier l’univers artistique, les sciences (humaines ou non). Il y a certes une dimension culturelle de la religion, mais il y a aussi une dimension religieuse de la culture. Un christianisme en dialogue, décloisonné, abandonnant les tentations du provincialisme et des replis frileux, tel fut le projet d’un Paul Tillich. Il est le nôtre : transgresser les frontières spirituelles et géographiques, les enfermements dogmatiques et sectaires, les croyances sans vie et dépassées. En choisissant d’unir en un seul combat tous nos efforts pour donner désormais au Protestant et à Évangile et liberté une seule et même rédaction, c’est ce protestantisme qui se porte aux frontières que nous voulons ainsi incarner, et cela, dans une perspective largement francophone. Telle est et sera de plus en plus notre vocation. Il nous faut la vivre de manière dynamique. Il ne s’agit pas là d’un simple acquis à gérer, mais bien d’un acte inventif et créateur, assez exceptionnel d’ailleurs dans le paysage de la presse protestante actuelle.
Laurent Gagnebin
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