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n°232 | Octobre 2009
  CAHIER | par Olivier Abel Économie et bonheur

 ÉDITORIAL |    La jovialité


 QUESTIONNER |    Le « salut par la grâce » : un message encore pertinent ?


 DÉBATTRE |    Histoires de fin de vie


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Excommunication


 SÉRIE : BIZARRERIES THÉOLOGIQUES... |    4. Célébrations religieuses avec des animaux


 BILLET |    La foi et les dogmes


 CAHIER | Économie et bonheur   Économie et bonheur


 REGARDER |    La révolte, source de vraie vie (Albert Camus)


 COMMENTER |    Découvrir un trésor caché dans un champ Cela peut arriver à chacun.


 DÉBATTRE |    Des lampes différentes, une même lumière


 RETROUVER |    Lou Andreas Salomé, l’autocréation de Dieu


 LIRE |    Dieu en procès


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  La fiche auteur de Raphaël Picon

  Sur le même thème : Royaume - action - créatrice - heureux - bonheur - harmonieux

 
Evangile et liberté
 ÉDITORIAL   par Raphaël Picon 

La jovialité

 

L’amour, la fidélité, la compassion, la confiance, font partie des grandes vertus du christianisme. À sa manière, le Christ les enseigne et les incarne, les chrétiens y aspirent et s’y essayent. Mais il est une autre vertu chrétienne, moins connue, rarement évoquée et, hélas, trop souvent négligée : la jovialité ! Cette gaieté franche, simple et communicative est pourtant une leçon d’Évangile. Né le dimanche de Pâques, le christianisme est un pied de nez à la mort. Il sonne le glas de nos aliénations intérieures, libère du poids de nos échecs et dissipe nos zones d’ombres. Le christianisme est la religion de l’homme debout, la fête d’une humanité aimée de Dieu, c’est-à-dire sauvée du médiocre et de l’insignifiance et continuellement attirée vers une libération, un espoir, le Royaume. Le christianisme est pareil à ce bon vin, le meilleur, qui apparaît comme par miracle, dans l’évangile de Jean, alors que la noce n’a plus rien à boire. Il est cet appel à être heureux en dépit du malheur : « Heureux les pauvres ! » ose clamer Jésus à la face du monde. Parce que le christianisme est un optimisme, la jovialité est l’une des plus belles manières qui soient d’être chrétien : ne pas s’arrêter à l’apparence des choses, résister à la facilité du déni et de la critique, dire oui à la vie, un oui assez franc pour faire chavirer nos froideurs, nos aigreurs et nos amertumes. Être jovial, c’est faire comme si de rien n’était. Car rien en effet, ni le mal ni l’échec, ni la souffrance ni la désolation, ni la laideur ni le médiocre, ne sauraient entamer la valeur que Dieu nous accorde. La jovialité fait respirer l’existence, elle la rend pétillante, plus légère, insouciante presque. En fait, la jovialité travaille pour Dieu. Car à travers son action créatrice, Dieu œuvre à rendre le monde plus harmonieux et plus enjoué. Il faut imaginer un Dieu jovial !

 

Raphaël Picon

 

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