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n°215 | Janvier 2008
  CAHIER | par Alain Houziaux Les guérisons miraculeuses

 ÉDITORIAL |    Réalisme


 QUESTIONNER |    Croire en la vie éternelle


 AGIR |    Une parole commune entre vous et nous


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Voeux


  SÉRIE : LES PERES DE L'EGLISE |    1. Césaire d'Arles


 (RE)LIRE |    Un manifeste libéral au XVIe siècle


 DÉBATTRE |    Le pape a raison


 CAHIER | Les guérisons miraculeuses   Introduction : Le corps, l'esprit et la maladie

   Les guérisons miraculeuses


 MÉDITER |    Je crois au Dieu qui parle


 RÉAGIR |    Pas de polémique !


 RETROUVER |    André Chouraqui et sa « Bible »


 COMMENTER |    Les Béatitudes et les prétendues « Malédictions » de Luc


 REGARDER |    Marché de Noël...


 BILLET |    Après les cadeaux


 RÉSONNER |    Religiosité populaire : les « Folies des Rois » au Brésil

 
 
 

  La fiche auteur de Jacques-Noël Pérès

  Sur le même thème : 1. Césaire d'Arles - professeur de patristique

 
Evangile et liberté
  SÉRIE : LES PERES DE L'EGLISE   par Jacques-Noël Pérès 

Quand les Pères de l’Église nous surprennent et nous questionnent... Jacques-Noël Pérès, professeur de patristique à la faculté de théologie protestante de Paris, partage pour nous ces trésors du patrimoine chrétien.

 

1. Césaire d'Arles

 


Il est certain que les évêques ne sont
pas ordonnés pour être seulement
intendants agricoles ou cultivateurs,
mais pour s’adonner à la culture
spirituelle, celle, à coup sûr, dont
parlait l’apôtre : « J’ai planté, Apollos
a arrosé. »

Césaire d’Arles (ca. 470-543)
Sermons au peuple I, 5


Que penserait et, puisque son habitude n’était pas de taire sa pensée, que dirait Césaire d’Arles, s’il voyait aujourd’hui que les pasteurs des diverses Églises passent plus de temps qu’il n’est parfois utile, devant leur ordinateur, ou en de multiples réunions, ou encore à se dépenser en mille occupations qui ne relèvent pas directement de leur ministère ? Que dirait-il, s’il constatait que la catéchèse, la cure d’âme et la visite aux malades, voire la prédication, ne sont plus les tâches auxquelles ils s’adonnent, sinon toujours avec plaisir, en tout cas avec fidélité et constance ?

Je ne veux pas jeter la suspicion sur tant de collègues, dont je sais trop le dévouement et la joie qu’ils prennent à l’exercice de leur ministère. Qu’il me soit permis toutefois de regretter chez certains l’oubli – quelquefois – de ce qui est l’essentiel, ou la contrainte – souvent – où ils sont de laisser de côté en raison de quelque urgence ce même essentiel, qui est une parole capable d’ouvrir pour chacun un horizon nouveau. Appelons cela spiritualité. Appelons cela un sens donné à notre vie.

Césaire s’adresse au peuple. Il n’a pas au pied de sa chaire une élite, qu’elle soit intellectuelle ou des milieux du commerce ou du gouvernement. Tout un chacun est là, qui l’écoute. C’est eux tous qu’il a en vue, auxquels il souhaite une telle ouverture. S’il est, dans ses propos, brutal à l’égard des évêques de son temps, comme il le serait des pasteurs du nôtre, c’est parce qu’il est persuadé qu’hommes et femmes dans l’Église, et même au dehors, du plus humble au plus grand, ont besoin d’une nourriture spirituelle, sans que cela signifie pour Césaire dénoncer ce qui est matériel. Seulement il ne faut pas, au nom du matériel, oublier le spirituel. Il faut les conjuguer. Conjuguer la solidarité et l’espérance.

 

Jacques-Noël Pérès

 

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