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n°217 | Mars 2008
  CAHIER | par Jérôme Cottin L’art contemporain et le christianisme

 ÉDITORIAL |    Pâques


 QUESTIONNER |    Liberté de croire, nécessité de connaître


 RÉAGIR |    En prison… et après ?


 CES MOTS QU’ON N’AIME PAS |    Réincarnation


  SÉRIE : LES PERES DE L'EGLISE |    3. Éphrem le Syrien


 (RE)LIRE |    Douter et chercher


 MÉDITER |    Un chemin de lumière


 CAHIER | L'art contemporain et le christianisme   Introduction : Art contemporain et christianisme

   L’art contemporain et le christianisme


 DÉBATTRE |    Quand la ville devient le monde


 DIALOGUER |    Une Église méconnue : l’Église vieille-catholique


 VIVRE |    Îles d’Aran


 COMMENTER |    Agir : et Dieu dans tout cela ?


 REPENSER |    L'incarnation

 
 
 

  La fiche auteur de Jacques-Noël Pérès

  Sur le même thème : Pères de l'Église - Ancien Testament - Nouveau Testament

 
Evangile et liberté
  SÉRIE : LES PERES DE L'EGLISE   par Jacques-Noël Pérès 

3. Éphrem le Syrien

 

Entre l’agneau et l’Agneau
se tenaient les disciples :
ils ont mangé l’agneau pascal
et l’Agneau véritable.

Les apôtres se tenaient au milieu
entre la figure et la vérité :
ils ont vu finir la figure
et la vérité commencer.


Éphrem le Syrien (ca. 306-373)
Hymnes sur les azymes VI, 1-2

La chapelle de Saint-Éphrem-le-Syrien à Paris, 17, rue des Carmes, à l'endroit qui fut, tour à tour, le Collège des Lombards, et aujourd'hui chapelle des Syriaques

Quelle place accorder aujourd’hui à l’Ancien Testament ? S’il garde au demeurant quelque actualité dans la catéchèse, pour autant est-il souvent le fondement de la prédication dominicale ?

La VIe hymne d’Éphrem Sur les azymes met en tension dialectique l’agneau que les apôtres avec le Christ mangent dans la chambre haute, et l’Agneau de Dieu qu’est le Christ. Pour cela, Éphrem en recherche dans les Écritures des préfigurations, et s’arrête par exemple à Abel, dont il relève qu’il offrit un agneau avant d’être lui-même offert en sacrifice. C’est une manière pour Éphrem de souligner que ce qui était figure avant la croix, depuis a acquis une dimension nouvelle, car ce qui n’était jusque là qu’espérance désormais est certitude. La cène que Jésus a partagée avec ses apôtres, dans la fraction du pain est l’événement qui donne à ceux-là de comprendre que le salut s’opère au moment où la promesse, dont retentit tout l’Ancien Testament, va s’accomplir dans le « Voici, tout est achevé » de Jésus Agneau (cf. Jn 19,30), bonne nouvelle qui sera dans le Nouveau Testament et par eux portée jusqu’aux bornes du monde.

Ce que nous dit Éphrem, c’est que l’Ancien Testament n’est pas caduc, puisqu’il prépare et est la clef du Nouveau. Il est la clef de la vérité que recherche tout être humain qui s’interroge sur le monde, sur lui, sur lui devant le créateur des êtres et des choses. Comment saisir toute la force du second, si l’on ne connaît pas le premier ? Que l’Ancien Testament soit figure du Nouveau, ne signifie pas, bien au contraire, qu’il ne soit pas porteur de vérité. Celle-ci cependant est mise à nu dans un partage, une communauté de pain, c’est-à-dire de vie. De vie à l’ombre de la croix. De vie dans la lumière de la Pâque, le passage, la délivrance, dans la lumière de Pâques, le tombeau ouvert. Une vérité qui s’ouvre. Qui nous ouvre.

 

Jacques-Noël Pérès

 

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